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Billets du 10/09/2013

Une nuit au refuge - par GH

                            UNE NUIT AU REFUGE.

 

 

 

 

                                          Il était fort tard lorsque nous arrivâmes au refuge du CAMPANA du CLOUTOU. La nuit avait posé son voile depuis longtemps et ce n’est que grâce à notre parfaite connaissance des lieux que nous pûmes enfin franchir la porte de la bâtisse. Il y avait déjà beaucoup de monde dans la pièce centrale lorsque nous y apportâmes notre bouffée d’air glacial.

               Une soirée dans un refuge est toujours un spectacle admirable à contempler. Dans une pénombre incertaine, se meuvent d’étranges silhouettes bizarrement accoutrées. Tout ruisselle d’eau et le sol est couvert de neige sale et fondante. Les tables bancales croulent sous des sacs de victuailles, des cordes et des mousquetons. On ne peut que rester  béat d’admiration devant l’organisation des montagnards qui logent tant de choses dans des sacs si petits. Au centre de la salle se déroule un étrange spectacle. Autour d’un petit cercle s’agglutinent des êtres calmes et silencieux. Ils semblent prier ou protéger quelque chose. Au-dessus d’eux pendent des gants, des guêtres, des chemises et de longues lanières noires qu’ils appellent peaux de phoque. Tout cela accroché à des clous, des fils et autres becquets divers. Au centre de ce cercle, l’objet de tant de vénération est là : c’est une petite flamme pétillante et vacillante, c’est le foyer. Magie du feu qui attire les doigts gelés et remonte le moral des plus exténués. Au-dessus flotte un petit nuage odorant : c’est un très subtil mélange d’odeurs de sueur, de poils mouillés et de fumée de bois. Parfois même s’y ajoute un bon fumet de viande grillée. Ce sont des côtes d’agneaux qui grésillent sur quelques barres de fer posées à même la braise. Tout autour, en rangs serrés, des gamelles noires, sales et bosselées se réchauffent. Elles transforment en eau la neige hâtivement recueillie sur le toit du refuge. Sur les tables où ronronnent aussi quelques réchauds à gaz, des bougies emmanchées à de vieilles bouteilles, dispensent une maigre lumière. Elles n’éclairent que des visages graves de personnages dévorant la bonne soupe chaude hâtivement préparée mais bien plus appréciée que la bisque d’un honnête restaurant. Parfois quelques lourds jurons viennent ponctuer la chute d’un récipient bancal, mal posé sur un réchaud branlant. A l’entrée de la salle, vêtements, skis et lanières dégèlent et s’assouplissent. Lorsque l’heure s’avance, quand les appétits se calment, le cercle s’épaissit autour de l’âtre. C’est un divin et merveilleux moment. Chacun se laisse aller à une douce somnolence. On voudrait accumuler le plus possible de chaleur pour la nuit. On y va d’une chanson, d’une petite histoire et surtout d’un récit de course passée. Lorsque la flamme se meurt, que la réserve de bois  laborieusement portée jusqu’ici s’épuise, le cercle diminue.

 

 

 

            

 

 

 

 

 

 

                  Doucement la vie quitte la salle à manger. Il y a les plus malins qui ont déjà pris possession des meilleures places du dortoir, et les autres qui savent qu’il y aura toujours une couche pour s’allonger. C’est un concert de grognements et de rouspétances. Les minuscules faisceaux des lampes frontales se croisent en dessinant d’étranges ballets de lumière. Les bons gros duvets ou les fines et poussiéreuses couvertures se déroulent et s’étalent sur les durs bat-flanc. Les tricots roulés en grosses boules deviennent de douillets oreillers. Une à une les lampes s’éteignent. Longtemps encore vont s’entendre chamailleries pour un « cul » trop encombrant et rires étouffés. Difficilement, comme à regret, le silence va s’imposer. La sérénité retombe sur ce coin de montagne un instant troublé. Dans cette petite cabane perdue au milieu des neiges, le sommeil de la nature va aussi pénétrer. Dans cette blanche immensité, ce toit fragile abrite pour une courte nuit quelques fous venus là chercher la solitude partagée en quelques heures de liberté.

                    Le froid s’installe doucement, sournoisement. Le givre refleurit sur     les minuscules vitres des fenêtres, irisant la lumière glaciale de la pleine lune. Les vêtements et les lanières reprennent leur rigidité. Dehors, règne un impressionnant silence. Dans le grand cirque blanc dominé par la merveilleuse ligne des crêtes, tout s’est figé dans un décor irréel. La trace des skis s’est rigidifiée en de longues ornières qui filent là-bas vers le lointain, vers la vallée, la civilisation, le confort et les soucis. Même le vent si impétueux dans la journée a gelé son souffle dans cette froidure.                                

                 Au refuge, une petite braise rougeoyante lutte contre ce froid     envahissant. Et puis, elle aussi, vaincue, disparaît jusqu’à demain. Dans le dortoir, à la douce chaleur des corps emmitouflés, démarre l’horrible concert des ronflements.

                        Ces soirées inconfortables, où l’on mangeait et dormait mal, mais où l’amitié et la simplicité étaient reines, c’était autrefois, au temps où les capteurs solaires et les néons n’avaient pas leur place en montagne. Maintenant, il faut des douches, des chambres individuelles, presque des draps. L’individualisme a remplacé la chaude ambiance des soirées d‘antan. Nous n’y pouvons rien. Il faut s’adapter ou s’arrêter.                             

 

 

 

                                                                               H G

                              

                                                                                  

 

Publié le 10/09/2013 @ 11:04  Prévisualiser  Imprimer l'article

Pic des Posets - par MCA

Posets

J’ai vu l’autre jour un de ces nombreux groupes bruyants et décidés

S’approcher de mes contreforts sous un ciel azuré.

J’ai tenté de les dissuader d’atteindre mon sommet

En barrant du parking d’altitude la route d’accès

Ce sont 500m de dénivelé imprévus à monter

Qu’ils devront gravir en usant les souliers.

 

Cela ne suffit pas à entamer le moral des randonneurs

Qui découvrent sur un rocher leur bonheur :

Une fragile Ramonde inattendue belle comme Vénus

Ils parviennent enchantés au refuge Angel Orus.

J’ai ensuite concocté un repas particulier

Dans ce refuge rénové et hospitalier

Avec ces boulettes de viande que les montagnards

Apprécient peu d’après les racontars.

 

Le lendemain, je les attends sur mon terrain favori

Avec quelques embûches : le passage d’une dalle ici

Là une passerelle peu engageante, tordue, pliée

Puis le canal Fonda ou voie royale qu’ils ont failli manquer

La blanche raideur de la pente les a impressionnés

Sur la neige, crampons et piolets sont exigés

Ils atteignent le col essoufflés et souriants

Mais ils ne sont pas au bout de leur peine pour autant.

 

La troupe entame alors la dernière portion du trajet

Elle se rapproche de plus en plus de mon sommet

J’ai une arme fatale : ma crête finale un peu aérienne !

Déterminés, ils s’entraident, et au but ils parviennent

Las, les plus craintives n’ont même pas peur 

Mais au sommet leurs yeux sont en pleurs.

 

Tout le monde s’embrasse, certaines déposent sur mon cairn

Un doux baiser qui me flatte et m’émeut, joie interne

Puis ils trinquent joyeusement à ma santé

Je regrette alors mes mauvais tours et vilaines pensées

Je suis fier que m’honorent de la sorte quelques-uns

Et du plaisir qu’ils prennent à reconnaitre mes voisins.

 

Dorénavant, je serai plus amical avec eux.

Ils s’en retournent un à un, un dernier regard en signe d’adieu

J’aurais aimé qu’ils se soient un peu plus attardés 

Ils me quittent trop vite, pressés qu’ils sont de rentrer

Ils disparaissent dans la pente raide de la voie royale

Ils encordent par précaution Fabrice car un crampon s’affale

Certains descendent face à la pente, d’autres en crabe en travers

Glissade de Gérard qui avec un seul crampon galère.

Enfin je leur offre une herbe tendre et accueillante

Pour une pause repas méritée et bienfaisante.

 

La troupe se partage, certains ce soir chez eux dînent.

Les autres farnientent au bord du torrent lorsque soudain

Jacques semble jouer à saute mouton aussitôt suivi de Régine,

En fait, ils ont des crampes…. leurs bons copains,

 Immortalisent la scène et ne leur font aucun cadeau.

De retour au refuge, la troupe fête la réussite de la rando

Régine arrose son premier 3000 avec s’il vous plait

J’en suis fier, du Champagne pour moi… Posets !

 

Le lendemain, ils entament à regret je crois, la descente

J’ai décidé d’adoucir leur retour.

Une première rencontre fortuite avec Gisèle les enchante

Ils parlent du passé, des anciens parcours.

Une légère erreur de direction leur concède

Un instant magique et furtif : un rusé quadrupède

Dévale tout près d’eux, un renard aussi surpris

Que les randonneurs qui restent tous ébaubis.

 

Peu après, ils cherchent la Ramonde aperçue à la montée

Par quelques retardataires. Je conviens de les récompenser.

A foison ils photographient ces charmantes

Fleurs de plus en plus nombreuses et élégantes

Des saxifrages à longues feuilles tout aussi étonnantes

Ornent les rochers le long de la descente.

 

Plus tard, sur la route, au détour d’un virage

Les randonneurs stoppent leurs voitures

Ils me contemplent comme un mirage

Dame, elle est sublime la nature

Je suis paré de mes plus beaux attraits

Sous l’ardent soleil de ce mois de juillet

Une photo souvenir, une lueur dans leurs yeux

C’est leur manière de me dire adieu.

 

Les randonneuses : Fanfan, Michelle, Pascale, Régine, Sylvie

Les randonneurs : Fabrice, Gérard, Guy H, Jacques, Jean Pierre E. Michel D, Michel G

Les 30 & 31 juillet 2013.

MCA  août 2013

 

 

 

 

 

Publié le 10/09/2013 @ 10:34  Prévisualiser  Imprimer l'article
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